HISTORIQUE DE LA NUMISMATIQUE MONEGASQUE

MONACO jusqu'à l'aube du XVIIème siècle

C'est Hécatée de Milet qui le premier cite Monaco (Vème siècle avant J.-C.) "Monoikos" par la suite à travers

les écrits de César, de Tacite, de Virgil et de Strabon nous pouvons conclure que Monaco n'était dans l'Antiquité qu'un petit port d'importance mineure.

Cependant il ne faut pas croire que Monaco est dénuée d'intérêt, en effet c'est sa situation géographique qui en détermine l'importance.

Le pic Agel forme un barrage redoutable qui perment au seigneur de l'endroit de contrôler tout le passage de France en Italie ainsi que le trafic maritime vers l'intérieur. Sa possession fut de tout temps disputée, mais ses habitants étaient bien déterminés à diriger leur propre destinée, ce fait représente la synthèse de l'histoire monégasque.

Vers 968 un seigneur de Grimaldi, d'origine génoise, chasse les occupants sarazins. Son descendant qui

règne aujourd'hui à Monaco est par conséquent le représentant de la plus ancienne dynastie régnante du monde (depuis la dispartion du Négus).

Trop faible pour assurer seule leur indépendance, les monégasques ont joui de la "protection" de leur puissant voisin, allant sans remords aucun du camp italien, à celui des Espagnols et enfin des Français.

Au XIVème siècle la guerre civile gronde à Gênes entre Guelfes et Gibelins. Le seigneur Grimaldi partisan des premiers en profite pour affirmer son indépendance vis-à-vis de son suzerain séculaire. En 1304 il s'allie à la Provence et à la France contre Gênes. Rainer 1er est considéré comme l'ancêtre de la maison princière quoique n'étant pas comme nous l'avons vu plus haut, le premier des Grimaldi à présider aux destinées du territoire monégasque. La première mention de "Seigneur de Monaco" apparaît en 1342 sous Charles 1er fils de Rainier 1er. Avec des fortunes diverses le seigneurie traverse le XVème siècle, nous désirons cependant mettre en exergue un fait survenu en 1451. Celui-ci ayant échoué, il ne porta pas à conséquence mais dans le cas contraire il aurait amené probablement la disparition de l'état monégasque.

En cette année là, la Principauté de Monaco est vendue au dauphin de France le futur Louis XI. Cette ne fut pas suivie d'effet car l'acheteur se révèle incapable de payer le prix. C'est donc le hasard qui sauve le rocher de l'absorption définitive. L'an 1482 est une grande date pour Monaco, Lambert 1er Grimaldi obtient du roi de France Charles VIII que ses terres soient mises sous sa sauvegarde ce qui revient à dire que toute attaque se heurterait désormais à l'opposition du roi de France. En 1494 Lambert I meurt. Cet événement coïncide avec le début de l'ère moderne. Monaco jouera dès lors un rôle international d'autant plus difficile à imaginer que son histoire va à contre courant de l'évolution générale. En effet son indépendance va s'affirmer au moment ou celle des autres petits états s'éfface au profit des grands ensembles.

Le fils ainé de Lambert, Jean II continue la politique de son père et appuie à fond Charles VIII. Tout change avec Louis XII, maître de Milan et de Gênes, le protectorat français en tant que contrepoids aux ambitions génoises ou milanaises n'a plus de sens et le roi de France en devient redoutable. en 1505, Jean II est assassiné par son frère Lucien et bien que celui-ci soit réputé se trouver en état de légitime défense. Louis XII rompt avec lui et le somme de se reconnaître son vassal.

 

LUCIEN Ier (1505-1523)

Lucien se heurte au roi de France. Louis XII le retient prisonnier mais en 1512 les français sont chassés du Milanais. Monaco redevient précieux à la couronne de France et le roi change d'attitude. Il libère Lucien et lui adresse de Blois une lettre patente dans laquelle non seulement il renouvelle la sauvegarde accordée à Monaco mais il reconnait implicitement sa totale et entière indépendance. Lucien saisi cette occasion pour prendre le droit régalien et se parer du titre de prince. La monnaie qui suit et le titre qu'elle porte semble confirmer ce qui n'est à notre avis qu'une usurpation. La confirmation de ses droits n'intervenant que plus tard.

 

AGOSTINO

Evèque de Grasse - Archevèque de Oristano
Régent (1523-1532)

Le 22 août 1523 Lucien est assassiné laissant des enfants en bas âge. La vacance sera assurée par son frère Agostino qui reçoit Monaco à titre de viager, les enfants de Lucien n'étant appelés à régner qu'après sa mort. La "régence d'Agostino" ne laissera aucun souvenir numismatique. Cette période est cependant très importante car en raison des maladresses du nouveau roi de France, François Ier, le 7 juin 1524 à Burgos puis le 5 novembre de la même année à Torsedillas, Agostino s'allie à l'empereur Charles Quint et passe dans le camp espagnol. Monaco y restera jusqu'en 1641.

 

HONORE Ier (1532-1581)

A la mort de son oncle, Honoré lui succède. Charles Quint confirme ses bienfaits à Monaco et accorde au nouveau seigneur le titre de prince du Saint Empire.

 

CHARLES II (1581-1589)

Sous son règne la protection espagnole atteint son apogée et Monaco connaîtra une période de paix. Charles laissera bien vite son trône à son frère Hercule.

 

HERCULE I (1589-1604)

La fraternisation bat encore son plein. Les registres de l'état civil enregistrent même de nombreux mariages de jeunes filles monéqasques et des soldats espagnols. Depuis Lucien, aucun prince de Monaco n'a plus frappé monnaie ce qui renforce bien le terme d'usurpation dont nous avons usé.

 

Chapitre tiré du livre "Les Monnaies de Monaco" de J. de Mey

 

Bref histoire de la numismatique monégasque

Dès 1641 les monnaies monégasques suivent le système français. En 1793 la Révolution française annexe Monaco qui est rebaptisé Fort Hercule, seules les monnaies françaises ont alors cours. La restauration des Grimaldi a lieu en 1814 par le Traité de Paris. Les émissions monétaires monégasques ne reprennent qu’en 1837, sous le règne d‘Honoré V (1819-1841), dans l’atelier de Monaco, puis, depuis Charles III (1856-1889), dans les ateliers de la Monnaie de Paris.

Elles se poursuivent jusqu’à aujourd’hui, sous le règne de S.A.S. le Prince Albert II.

 

Depuis 1865, par convention signée avec la France, le franc français a cours légal en principauté.

Les monnaies monégasques sont acceptées dans le département voisin des Alpes-Maritimes.

La principauté est passé au Nouveau Franc en 1960.

La principauté de Monaco a le droit, depuis le 1er janvier 1999, d'utiliser l'euro comme monnaie officielle,

mais elle n'a pas le droit d'émettre des billets libellés en euros.

À compter du 1er janvier 2002, la principauté a le droit d'émettre des pièces libellées en euros à concurrence d'un volume annuel égal à 1/500e de la quantité de pièces frappées en France. Elles sont identiques en ce qui concerne la valeur nominale, le cours légal et les caractéristiques techniques et artistiques de la face commune des pièces en euros. Les caractéristiques de la face nationale seront communiquées à la Communauté.

La principauté est autorisée à émettre des pièces de collection libellées en euro mais qui n'auront pas cours légal dans la Communauté.

 

Bibliographie sommaire

Léon-Honoré Labande, Histoire de la Principauté de Monaco, Monaco-Paris, 1934. 2ème édition, Monaco, 1957.

 

Jean-Baptiste Robert, Histoire de Monaco, coll. «Que sais-je ?», Paris, 1993 et 2ème édition, 1997.

 

Raymond de Vos, History of the monies, medals and tokens of Monaco, 1640-1977,  New-York, Monaco, 1977.

 

Christian et Jean-Louis Charlet, Les monnaies des princes souverains de Monaco, Monaco, Archives du Palais princier, Monaco, 1997 (la Bible actuelle de l’histoire de la numismatique monégasque. Importante bibliographie).

 

Monnaies Françaises [et monégasques], 1789 –2013, Monaco, Editions Victor Gadoury (Sté F. Pastrone], 2013.

 

Les Annales Monégasques,  Revue d'histoire de Monaco, Publication des Archives du Palais Princier de Monaco, publient depuis leur n° 1 (1977) de nombreux articles consacrés à la numismatique monégasque :

  • n° 1 (1977) : «L'hôtel (les monnaies de Monaco sous le règne du Prince Honoré V» par Jean-Jacques Turc.

  • n° 2 (1978) : «Les Monnaies d'Honore V à Marseille (1837-1838)» par  ..J. Letallec.

  • n° 4 (1980) : «Les émissions de Papier Monnaie en Principauté d Monaco et la crise monétaire des années 1920 à 1926» par Jean-Jacques Turc.

  • n° 6 (1982) : «Les Princes Honoré II et Jacques 1er  numismates et collectionneurs» par Jean-Jcques Turc.

  • n° 18 (1994) : «La monnaie du Prince Honoré II, garantie fondamentale de ses droits» par Christian Charlet.

  • n° 21 (1997) : «Les prérogatives des Princes Suverains de Monaco et la politique monétaire de Colbert (1664--1701)» par Christian Charlet.

  • n° 27 (2003) : «La représentation de sainte dévote, patronne de Monaco, sur les monnaies de la principauté et sa signification » par Christian Charlet.

  • n° 31 (2007) , p. 61-76. : «La politique monétaire du Prince Louis II de Monaco » par Christian Charlet et Jean-Louis Charlet.

 

Textes de Claude Passet (Monaco)

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